La recherche sur le bégaiement

Veille scientifique sur le bégaiement

Marie Parolini, orthophoniste et co-auteure de l’ouvrage Prendre en soin un patient pour un bégaiement ou un bredouillement, édite une newsletter d’actualité qui rassemble une sélection d’articles de recherche sur le bégaiement, accompagnés d’un résumé.
Cette newsletter est archivée dans la page Recherche du site internet de l’APB, voir ci-dessous.

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Nota concernant l’accès aux articles : certains articles sont en accès libre. Pour ceux qui ne le sont pas, il est fréquent qu’en sollicitant directement l’auteur d’un article qui nous intéresse (via le réseau Research Gate par exemple), celui-ci nous le transmette gentiment.

Newsletter de mai 2026 : cinq publications notables relatives aux troubles de la fluence

McCarren, T., & Collins, G. (2026). The Stages We Inhabit: A Lived Experience With Stuttering. American Journal of Speech-Language Pathology, 1–7. https://doi.org/10.1044/2026_AJSLP-25-00471
Lien vers l’article : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42166446/
Résumé :
L’auteur de cet article témoigne de son expérience vécue du bégaiement. Il critique la réduction de la mesure de la réussite d’une rééducation à l’acquisition d’une parole fluide. Il explore les différentes étapes de son parcours, des stratégies d’évitement à l’acceptation.

Treleaven, S., Sheppard, M., Ratner, N. B., & Chang, S.-E. (2026). Expressive language growth among young children who do and do not stutter. Journal of Communication Disorders, 122, 106659. https://doi.org/10.1016/j.jcomdis.2026.106659
Lien vers l’article : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42150353/
Résumé :
Cette étude longitudinale vise à comprendre si les enfants qui bégaient présentent une moindre évolution sur le plan de la complexité syntaxique de leurs productions verbales. Le versant expressif du langage de 100 enfants qui bégaient a été comparé à celui de 85 de leurs pairs normofluents durant 3-4 ans.
Au total, les auteurs concluent à une évolution similaire entre les deux groupes sur le plan de la complexité syntaxique, y compris en comparant les enfants ayant cessé de bégayé et ceux ayant persisté. De meilleures performances langagières joueraient toutefois un rôle protecteur dans la récupération.

Merouwe, S. S., Bertram, R., & Eggers, K. (2026). Is One Language Enough? Assessing Overt Stuttering Severity in Bilingual Children. Folia Phoniatrica et Logopaedica: Official Organ of the International Association of Logopedics and Phoniatrics (IALP), 1–17. https://doi.org/10.1159/000552443
Lien vers l’article : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42102010/
Résumé :
L’objet de cette étude (menée sur 22 enfants libanais bilingues présentant un bégaiement) était d’établir la nécessité ou non d’évaluer les aspects audibles du bégaiement dans les deux langues. Les auteurs concluent à une absence de différences significatives dans les résultats obtenus entre les deux langues au SSI-4.
Ces résultats suggèrent que l’évaluation dans une seule langue de ces aspects ouverts serait suffisante chez les enfants avec bilinguisme précoce et taux d’exposition important à leur langue seconde, en veillant toutefois à inclure des échantillons variés (spontané et discours narratif notamment).

Jokar, A. H. R., Khoshnevis, A., & Saber-Moghadam, R. (2026). Advancing stuttering detection: A systematic review and meta-analysis of artificial intelligence–based models. Journal of Fluency Disorders, 88, 106222. https://doi.org/10.1016/j.jfludis.2026.106222
Lien vers l’article : https://www.researchgate.net/publication/405114717_Advancing_Stuttering_Detection_A_Systematic_Review_and_Meta-Analysis_of_Artificial_Intelligence-Based_Models
Résumé :
Cette méta-analyse portant sur 44 études s’est intéressée aux modèles d’intelligence artificielle existants ayant pour but de détecter automatiquement le bégaiement.
Les auteurs concluent au fait que la quasi-totalité de ces modèles ne s’appliquent qu’aux caractéristiques observables du bégaiement et ne prennent pas en compte l’expérience vécue du locuteur.

Mitsiou Nikolaos, Mevouliotis Ioannis, & Vaitsis Nikolaos. (2026). Spatial Acoustic Conditioning within a Virtual Acoustic Field Framework in Developmental Stuttering: A Case Study with Review of Auditory-Motor Integration Mechanisms. https://doi.org/10.5281/ZENODO.20394221
Lien vers l’article : https://www.researchgate.net/publication/405290753_Spatial_Acoustic_Conditioning_within_a_Virtual_Acoustic_Field_Framework_in_Developmental_Stuttering_A_Case_Study_with_Review_of_Auditory-Motor_Integration_Mechanisms
Résumé :
Cette étude de cas unique menée sur un garçon âgé de 10 ans explore les effets de la modification de l’organisation spatiale du son entendu sur le bégaiement. Cette approche est appelée VAF (Virtual Acoustic Field soit « champ acoustique virtuel »). A la différence du retour auditif différé, il n’y a pas de retard audible, mais notamment des délais très légers de l’ordre de quelques millisecondes.
Suite à 16 séances, les auteurs rapportent un passage de 16,1% de disfluences à 8,5% en spontané, avec une diminution de la durée des blocages de l’ordre de 60% et une diminution de la lutte. Ils font l’hypothèse que cette technique pourrait réduire des erreurs de prédiction au niveau du contrôle moteur de parole.
Note : contrairement à l’approche Tomatis, qui modifie le contenu fréquentiel du son (par exemple en accentuant les aigus), l’approche VAF utilisée dans cette étude modifie la spatialisation du son.

Newsletter de mars 2026 : trois publications notables relatives aux troubles de la fluence

Garrett, S., Ballantyne, A., Gladman, T., & Swift, M. (2026). Exploring the personal impact of cluttering: A scoping review of current evidence. Journal of Fluency Disorders, 87, 106197. https://doi.org/10.1016/j.jfludis.2026.106197
Lien vers l’article : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41616700/
Résumé :
Cette revue de littérature s’est intéressée à 174 supports traitant du bredouillement, faisant notamment la part belle à la « littérature grise » en incluant par exemple des podcasts.
Il en ressort que les personnes qui bredouillent ont tendance à faire face à des difficultés d’ordre physique, cognitif et psychologique, qui impactent la façon dont elles communiquent et interagissent avec les autres.

Aslan, G., Vanden Berghe, D., & Eggers, K. (2026). Attention, Executive Functions, and Speech Disfluencies in Stuttering and Nonstuttering Individuals: A Scoping Review. Journal of Speech, Language, and Hearing Research, 69(3), 961–980. https://doi.org/10.1044/2025_JSLHR-25-00224
Lien vers l’article : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41632037/
Résumé :
Cette revue de littérature est le fruit de l’analyse de 51 études relatives aux disfluences de la parole, à l’attention et aux fonctions exécutives. Les auteurs mettent en avant le fait que des particularités du contrôle inhibiteur et de la mémoire de travail sont très souvent associées aux troubles de la fluence. L’amélioration paradoxale de la fluence de PQB en situation de tâche double suggère la présence de dysrégulation des mécanismes de monitoring.

Warner, H. J., Ratner, N. B., & Jackson, E. S. (2026). Information Load Predicts Stuttering Events. Journal of Speech, Language, and Hearing Research, 1–14. https://doi.org/10.1044/2026_JSLHR-25-00833
Lien vers l’article : https://pubs.asha.org/doi/abs/10.1044/2026_JSLHR-25-00833
Résumé :
Les auteurs de cette étude ont analysé les échantillons de parole de 35 PQB dans le but de comprendre pourquoi le bégaiement apparaît de manière variable dans la parole. Leurs résultats suggèrent que plus un mot est difficile à prédire en contexte, c’est-à-dire à anticiper dans la phrase (et demande donc davantage de planification linguistique), plus il est susceptible d’être bégayé. Cet effet ne serait pas impacté par la sévérité du bégaiement ni son impact sur l’individu.

Newsletter de novembre 2025 : cinq publications notables relatives aux troubles de la fluence

Penda, V. (2025). Not Anxiety but Self‐Regulatory Capacity and Age Predicts Self‐Reported Stuttering Severity in Adults Who Stutter (AWS). International Journal of Language & Communication Disorders, 60(6), e70156. https://doi.org/10.1111/1460-6984.70156
Lien vers l’article: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41247773/
Résumé :
Cette étude présente les résultats obtenus au moyen d’un nouvel outil d’évaluation de la sévérité du bégaiement vécu (PCS-3), proposé à 103 adultes qui bégaient anglophones provenant de 5 continents différents. Ces résultats suggèrent que des antécédents de négligence, d’anxiété et de style d’attachement dit évitant constituent des facteurs de risque de sévérité perçue en vie quotidienne. Ces facteurs auraient toutefois un effet indirect, en lien avec la capacité d’autorégulation, soit la capacité du sujet à réguler ses émotions, ses pensées et ses comportements face à l’adversité.
Plus la capacité d’autorégulation serait importante, moins le niveau de sévérité ressenti en vie quotidienne serait élevé.

Pruett, D. G., Scartozzi, A. C., Polikowsky, H. G., Highland, H. M., Shaw, D. M., Petty, L. E., Petty, A. S., Kraft, S. J., & Below, J. E. (2025). Challenges and Opportunities in Characterizing the Genetics of Stuttering: From Sample Acquisition to Functional Interpretation of the Genome. Journal of Speech, Language, and Hearing Research, 68(11), 5137–5157. https://doi.org/10.1044/2025_JSLHR-25-00093
Lien vers l’article: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41105951/
Résumé :
Cette revue de littérature analyse les différentes méthodologies utilisées en recherche pour l’analyse génétique du bégaiement, et propose d’en souligner les avantages et les inconvénients.  Elle prend notamment en compte les GWAS (Genome-Wide Association Studies), qui s’appuient sur d’importantes cohortes de sujets. Le bégaiement serait aujourd’hui associé à plus de 50 gènes différents. La plupart de ces associations génétiques sont en lien avec des gènes reliés à des caractéristiques neurologiques. De nombreux variants se situent dans des régions dites non codantes, ce qui rend la compréhension de leur action spécifique sur la biologie du bégaiement difficile.
L’architecture génétique du bégaiement semble donc complexe et polyfactorielle. La constitution de données suffisamment nombreuses et précise représente un défi certain.

Horev Nahum, Y., Zukerman, G., & Icht, M. (2026). Mental well-being, emotional-cognitive processing, and attention skills in individuals with cluttering. Journal of Fluency Disorders, 87, 106184. https://doi.org/10.1016/j.jfludis.2025.106184
Lien vers l’article: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41317412/
Résumé :
À partir des réponses de 31 adultes ayant reçu un diagnostic de bredouillement à des questionnaires relatif à la santé mentale et à l’attention, les résultats de cette étude suggèrent une majoration des symptômes somatique et anxieux, des difficultés attentionnelles et une moindre capacité à identifier et traiter ses émotions (alexithymie) chez les personnes qui bredouillent. Les auteurs recommandent d’intégrer l’évaluation de ces paramètres au diagnostic de bredouillement.

Johnson, G., Onslow, M., Carey, B., Jones, M., & Kefalianos, E. (2025). Psychosocial Outcomes of School-Age Children Who Received the Lidcombe Program. American Journal of Speech-Language Pathology, 1–8. https://doi.org/10.1044/2025_AJSLP-25-00068
Lien vers l’article : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41289495/
Résumé :
Cette étude explore les effets psychosociaux du programme Lidcombe auprès de 37 enfants âgés de 6 à 12 ans ayant participé à un essai clinique de Phase II en téléconsultations. Les mesures d’ordre psychosocial ont été obtenues à partie de l’OASES, du CAT (Communication Attitude Test) et de l’échelle d’anxiété pour enfants de Spence.
Les résultats mettent en évidence des améliorations significatives pour toutes les mesures psychosociales, et ce que leur bégaiement ait disparu, diminué ou non à l’issue des séances. Les auteurs concluent à la sûreté psychologique du programme et au fait qu’il puisse avoir des effets positif sur le bien-être psychosocial des enfants d’âge scolaire qui bégaient.

Gerlach-Houck, H., & Cage, E. (2025). “Hide and survive:” A conceptual model of stuttering concealment. Journal of Communication Disorders, 118, 106588. https://doi.org/10.1016/j.jcomdis.2025.106588
Lien vers l’article : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41207058/
Résumé :
À partir de l’analyse d’entretiens aux Etats-Unis auprès de 30 adultes qui bégaient, cet article propose un modèle qui remet en cause la distinction classique bégaiement ouvert/bégaiement couvert, et qui conceptualise le fait de cacher son bégaiement. La dissimulation du bégaiement serait en effet fluide et dépendante du contexte et des dynamiques relationnelles.
Les participants ont décrit des stratégies correspondant à 5 grands domaines de comportements de dissimulation : linguistique (ex : évitement de mots), pragmatique (ex : changements de sujets), situationnels (ex : évitement de certains contextes), relatifs à la parole (ex : contrôle de la respiration) et relatifs à la présentation de soi (ex : adapter son attitude afin de minimiser l’attention portée à la parole).
Les auteurs suggèrent d’explorer ce processus avec précaution et d’en prendre en compte l’impact émotionnel et social au cours du bilan et de la prise en soins orthophoniques.

Newsletter d’octobre 2025 : cinq publications notables relatives aux troubles de la fluence

Van Thorre, A., Patri, J.-F., & Vannuscorps, G. (2025). Testing theories of stuttering: Cognitive heterogeneity but shared orosensory tactile weaknesses. Cognitive Neuropsychology, 1–40. https://doi.org/10.1080/02643294.2025.2572357
Lien vers l’article : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41090287/
Résumé :
Cet article rend compte des résultats d’une étude exploratoire menée sur 12 adultes qui bégaient, testés sur le plan des capacités linguistiques, auditives, somatosensorielles, rythmiques et motrices sous-tendant la parole fluente. Les profils retrouvés sont hétérogènes, mais une fragilité sur le plan tactile orosensoriel a été retrouvée chez tous les sujets. Les auteurs concluent que ces résultats suggèrent l’existence d’un lien plus fort que précédemment établi entre le bégaiement et le traitement tactile orosensoriel (en lien avec la sensibilité de la région orofaciale, soit la langue, les lèvres, les muqueuses…).

Jokar, A. H. R., Karimi, H., & Yaruss, J. S. (2025). Addressing Stuttering Variability in Assessment and Treatment: Perspectives of Speech-Language Pathologists. American Journal of Speech-Language Pathology, 1–19. https://doi.org/10.1044/2025_AJSLP-25-00135
Lien vers l’article : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41105963/
Résumé :
Cet article s’intéresse à la façon dont les orthophonistes prennent en compte la variabilité du bégaiement au cours de son évaluation et de sa prise en soins. Des données quantitatives et qualitatives ont été recueillies en ligne auprès de 143 orthophonistes basées aux Etats-Unis (dont 27 se présentaient comme spécialisées dans la prise en soins du bégaiement). Les résultats montrent que 100% des orthophonistes interrogés rapportent observer de la variabilité dans les comportements de bégaiement ouverts, et une très grande majorité dans les réactions émotionnelles.
Les auteurs concluent à l’importance d’une évaluation complète et d’une prise en soins personnalisée afin d’adapter les interventions aux profils individuels de variabilité. Par ailleurs, les orthophonistes dits experts auraient tendance à accorder une plus grande place aux aspects internes (croyances et émotions) que les orthophonistes généralistes.

Andresen, S., Morken, F., Specht, K., & Alm, P. A. (2025). Evidence of different grey matter volume patterns in men and women who stutter – An explorative structural MRI study. Journal of Fluency Disorders, 86, 106164. https://doi.org/10.1016/j.jfludis.2025.106164
Lien vers l’article : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0021992425000875
Résumé :
Cette étude exploratoire a analysé les données IRM de 24 adultes droitiers présentant un bégaiement (10 femmes et 19 hommes). Les résultats montrent des différences relatives au volume de matière grise qui existent entre les adultes qui bégaient et les adultes normofluents sont liées au sexe : les hommes qui bégaient auraient un volume de matière grise plus important dans la zone BA45 droite (aire 45 de Brodmann, qui forme avec l’aire 44 l’aire de Broca connue pour son rôle dans le traitement et la production langagières) comparativement aux hommes normofluents, tandis que les femmes qui béaient auraient un volume de matière grise moins important dans cette zone comparativement aux femmes normofluentes.
Le sexe pourrait donc être un facteur explicatif important de différences neuro-anatomiques entre personnes qui bégaient.

Demirel, B. (2025). A novel use of choral speech significantly reduces stuttering in a simulated presentation setting: An exploratory study. Journal of Fluency Disorders, 86, 106168. https://doi.org/10.1016/j.jfludis.2025.106168
Lien vers l’article : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41175681/
Résumé :
Cette étude exploratoire portant sur 14 adultes qui bégaient a cherché à montrer si l’utilisation de la parole chorale (c’est-à-dire le fait de parler en même temps, à l’unisson) en situation de prise de parole (présentation simulée) pouvait améliorer la fluence. L’hypothèse a été testée à l’aide de l’enregistrement de la voix du sujet et à l’aide de voix générée par ordinateur (en modalité TTS soit « text-to-speech »). En moyenne, les résultats montrent une baisse du nombre de syllabes disfluentes, de 10% en ligne de base à moins de 3% dans les deux conditions de parole chorale. Un participant a vu son nombre de syllabes bégayées passer de 49% à 2% en utilisant la voix TTS générée par ordinateur.
Ces résultats montrent l’intérêt clinique d’essais d’utilisation de voix enregistrées ou de synthèse dans le cadre de prise de parole en public chez les personnes qui bégaient.

Chen, Y.-A., Miyamoto, S., St. Louis, K. O., Liu, Y., Liu, H., Gong, T., Yang, Y., & Liu, S. (2025). An Exploratory Comparison of Attitudes toward Stuttering and Cluttering of Chinese Practicing Speech and Language Therapists and SLT Students. Folia Phoniatrica et Logopaedica, 77(5), 464–479. https://doi.org/10.1159/000543442
Lien vers l’article : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40031890/
Résumé :
Cette étude a pour objet de comparer les attitudes envers le bégaiement et le bredouillement chez les orthophonistes et étudiants en orthophonie chinois, et à les comparer à celles d’autres pays. Le test POSHA-S (Public Opinion Survey of Human Attributes-Stuttering) a été administré à 54 orthophonistes chinois et 99 étudiants en orthophonie chinois.
Les résultats montrent davantage d’attitudes positives chez les orthophonistes comparativement aux étudiants. Ils suggèrent que plus on travaille avec des personnes qui bégaient ou bredouillent, plus les attitudes deviennent favorables.
Cette étude met également en évidence la présence de croyances en Chine sur les causes du bégaiement et du bredouillement, plus fréquemment attribuées à un virus ou à une maladie que dans les données du POSHA-S d’autres pays par exemple.

Newsletter de septembre 2025 : six publications notables relatives aux troubles de la fluence

Alm, P. A., Brösemyr, T., Grinde, S., Johansson, S., Karlsson, J., Nordgren, G., Olsson, R., Rocksten, F., Sandsten, M., Sör, I., & White, D. (2025). Stuttering : The nature of the speech disruptions—a multimodal study of articulation and phonation. Frontiers in Human Neuroscience, 19, 1623308. https://doi.org/10.3389/fnhum.2025.1623308
Lien vers l’article: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40995474/
Cet article consiste en une analyse exploratoire et qualitative de différentes études relatives aux caractéristiques motrices du bégaiement. Les auteurs concluent à la présence de caractéristiques motrices positives et négatives dans le bégaiement. Les « signes négatifs » correspondraient à une interruption de la parole du fait d’une activation insuffisante des muscles nécessaires au processus. Les « signes positifs » pourraient par exemple correspondre à des tremblements. Les auteurs présentent par ailleurs le postulat que les blocages moteurs présents dans le bégaiement proviennent d’un découplage transitoire entre les réseaux corticaux et les ganglions de la base.

Rasoli Jokar, A. H., Bayat, B., Ghadami, A., & Dehkordi, M. S. (2025). Efficacy of Noninvasive Brain Stimulation Techniques in Managing Stuttering Behaviors : A Systematic Review and Meta-Regression Analysis. Journal of Speech, Language, and Hearing Research, 68(4), 1803‑1820. https://doi.org/10.1044/2025_JSLHR-24-00750
Lien vers l’article : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40100765/
Cet article correspond à la revue systématique de 15 études relatives aux techniques de stimulation cérébrale non invasives appliquées au bégaiement (utilisées seule ou combinées à une prise en soin orthophonique). Les auteurs concluent à l’efficacité des techniques de neuromodulation sur la réduction de la sévérité du bégaiement et de sa fréquence. La stimulation transcranienne à courant direct (tDCS) présenterait les meilleures preuves d’efficacité, les meilleurs résultats résultant de la combinaison avec une prise en soin orthophonique.

Louis, K. O. (2025). An International Database of Public Attitudes Toward Stuttering. Data, 10(9), 147. https://doi.org/10.3390/data10090147
Lien vers l’article : https://www.researchgate.net/publication/395597914_An_International_Database_of_Public_Attitudes_Toward_Stuttering
Cet article se fonde sur l’analyse des 25739 réponses au POSHA-S (Public Opinion Survey of Human Attributes-Stuttering) provenant de 45 pays, et qui comportent les réponses de 600 personnes qui bégaient auto-identifiées. Il s’agit d’un questionnaire mesurant les attitudes explicites du public envers le bégaiement. Le bégaiement est ainsi comparé à l’intelligence, au fait d’être gaucher, à l’obésité et à la maladie mentale. Des attitudes négatives du public peuvent engendrer de l’auto-stigmatisation chez les personnes qui bégaient. L’article détaille toutes les variables correspondant aux données récoltées.

Pagoldh, S., & Lagerberg, T. E. (2025). Practice for adolescent stuttering : A review of medical records from a Swedish cohort. Logopedics Phoniatrics Vocology, 1‑13. https://doi.org/10.1080/14015439.2025.2553239
Article accessible via le lien suivant : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40891527/
Cette étude est fondée sur l’analyse des dossiers de 51 adolescents suédois ayant consulté dans le cadre de leur bégaiement. Les auteurs concluent au fait que les cliniciens auraient tendance à se baser sur leur propre expérience clinique plutôt que sur des outils d’évaluation formels et choisiraient leurs modalités de prise en soin à partir du type de thérapie que les adultes qui bégaient rapportent qu’ils auraient souhaité à l’adolescence. Seuls deux adolescents du groupe ont bénéficié d’une thérapie de groupe.

Choo, A. L., Meier, A. M., Lim, V. P. C., & Shenker, R. C. (2025). Evaluation of Stuttering in Multilingual Speakers : A Systematic Review of Diagnostic Recommendations. Folia Phoniatrica et Logopaedica, 1‑34. https://doi.org/10.1159/000548382
Cette revue de littérature examine 53 articles relatifs à l’évaluation du bégaiement chez les locuteurs multilingues. Les auteurs mettent en avant un consensus selon lequel le bégaiement doit être évalué dans toutes les langues parlées par le patient, et que la présence de blocages, de prolongations et de comportements accompagnateurs augmente la précision du diagnostic. Ils concluent au besoin d’outils validés et adéquats pour l’évaluation des locuteurs multilingues.

La version actualisée de l’ouvrage en ligne de Mark Onslow (« Stuttering and it clinical management : twelve lectures») a été mise en ligne le 29 septembre 2025 : https://www.uts.edu.au/research/centres/australian-stuttering-research-centre/resources
Elle prend en compte l’analyse des derniers travaux de recherche sur le bégaiement.

Divers documents et communications scientifiques

Thèses et mémoires d’orthophonie

Le cerveau et les maux de la parole
Aphasie, dyslexie, surdité, bégaiement

Anne-Lise Giraud

Pourquoi ne peut-on plus parler après un accident vasculaire cérébral ? Qu’est-ce qui « coince » dans le bégaiement ? Quel rapport entre la dyslexie et l’écoute de la parole ? Quel est le destin des mots dans un cerveau qui devient sourd ? Pourquoi l’enfant autiste ne répond-il pas quand on lui parle ? Pourquoi entend-on des voix dans la schizophrénie ?
Aphasie, bégaiement, surdité, dyslexie, autisme, schizophrénie : Anne-Lise Giraud rassemble ici les idées et les données neuroscientifiques qui ont émergé au cours des dernières années sur les maladies de la parole. Elle fait le point sur cette faculté de langage qui nous distingue des autres espèces animales, et répond de manière étayée aux questions plus spécifiques que se posent les personnes touchées de près ou de loin par tel ou tel trouble du langage : qu’est-ce que j’ai ? Comment me soigner ? Et puis-je guérir ?
Editions Odile Jacob - 2018, 334 pages

Prendre en soin un patient pour un bégaiement ou un bredouillement

Delphine Darque, Marie Parolini

Cet ouvrage propose des outils cliniques spécifiques à la prise en soins des troubles de la fluence : structure de l’évaluation, trames de bilan, arbres décisionnels et éléments de rééducation fondés sur les preuves. Il permet d’aborder toutes les facettes du bégaiement développemental, de la petite enfance à l’âge adulte, mais traite aussi du bredouillement et de l’échodysphémie.
Son contenu a été pensé pour répondre aux différentes demandes des patients, qu’il s’agisse d’accéder à davantage de fluidité, d’avancer sur le chemin de l’acceptation, de communiquer différemment, ou tout cela à la fois. Pour ce faire, les outils d’évaluation explicités s’appuient sur le dernier consensus proposé par un groupe d’experts internationaux. Les suivis, quant à eux, sont proposés en s’appuyant sur des programmes et modèles existants (Lidcombe, Palin PCI, Restart-DCM, KIDS, Camperdown , TREB, etc.) mais aussi sur des approches plus spécifiques (TCC, ACT, ACS, etc.). Le livre propose des vignettes cliniques, des visuels et des fiches pratiques afin de faciliter la prise en soins des patients. Il s’appuie notamment sur les facteurs communs aux différentes approches et se veut à la croisée du modèle médical et social.
Editions De Boeck Supérieur - 2026, 272 pages

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Un Olivier sur un iceberg - La recherche sur le bégaiement

Base de connaissance des recherches sur le bégaiement, avec notamment la traduction en français des publications scientifiques majeures de ces dernières années.

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