La fluence verbale se manifeste au travers des
différents paramètres que sont : le débit, le rythme, l'absence d'effort laryngé ou
d'articulation. Mais c'est surtout la continuité de la parole qui atteste de la facilité
avec laquelle un sujet met en jeu ces aspects de la fluence verbale.
Dès qu'un très jeune enfant émet deux mots successifs,
on parle de fluence. Pourtant de nombreuses répétitions accompagnent souvent ses
premiers essais. Les répétitions qui touchent une partie du mot (phonèmes ou syllabes)
sont les premières à disparaître. La continuité de la parole va progressivement
s'installer grâce aux transitions entre les phonèmes et les syllabes puis entre les
mots. L'enfant, en grandissant, assure la coordination de plus en plus rapide et de plus
en plus précise de ses articulateurs, suivant en cela un calendrier développemental
parallèle à celui de la maturation du système nerveux central. Les pauses diminuent
avec l'augmentation du débit, en particulier entre 3 et 7/8 ans. L'enfant fait
l'expérience du rythme dès le babillage; c'est vers 2/3 ans que le rythme
caractéristique du langage constitué se développe. La présence inhabituelle et
répétée des hésitations, répétitions et arrêts (et les parents sont les premiers à
en être conscients) signale une parole qui n'est pas normalement fluente. Mais la
frontière pour de si jeunes enfants est difficile à tracer entre parole fluente ou
normalement disfluente et parole bègue. Ce que l'on peut savoir des débuts du
bégaiement repose entièrement sur le témoignage des parents. D'apparition brutale ou
progressive, les bégayages sont bien différents des troubles articulatoires ou
phonologiques et traduisent un effort de production de la parole. On peut néanmoins
retenir un certain nombre de critères de risque pour juger de la sévérité des
disfluences observées et de leur risque d'évoluer vers la chronicisation. A ces
critères de risques attachés au symptôme, il convient d'associer les facteurs
favorisants et déclenchants décrits plus haut et le rôle joué par les réactions de
l'enfant et des parents à ces disfluences. Il peut exister d'autres facteurs que ceux
recherchés ou cités par les parents, l'expérience clinique montre que le bégaiement
s'installera d'autant plus sûrement que des facteurs non exprimés seront à l'oeuvre.
Statistiquement, 1% de la population est bègue, ce
handicap touche quatres sujets masculins pour un sujet féminin. Le bégaiement existe
aussi bien chez l'enfant que chez l'adulte. Le bégaiement débute le plus souvent entre
trois et sept ans, parfois plus tôt, parfois jusqu'à dix ou douze ans. rarement à l'age
adulte, sauf après traumatisme.
| Age moyen de début | 3 ans 6 mois |
| Avant 3 ans | 27% |
| Entre 3 et 7 ans | 68% |
| Après 7 ans | 5% |
Le bégaiement provoque le rire, la gène, ou la fausse
indifférence.
En surface, le bégaiement c'est des accidents dans le
déroulement de la parole (répétition de syllabes, prolongements de sons, blocages). Ces
accidents peuvent s'accompagner de spasmes respiratoires, mouvements involontaires du
visage ou du corps tout entier. La gravité du bégaiement n'est pas proportionnelle à
l'importance de ces accidents.
Plus profondément, c'est un trouble de la communication
qui perd sa spontanéité et son naturel, une lutte ou le sujet perd le contact naturel
avec son interlocuteur, une volonté de bien parler qui gène le fonctionnement
automatique de la parole (cercle vicieux).
Le bégaiement varie sous l'influence de l'émotion, la
fatigue, la crainte de bégayer, les efforts faits pour le dissimuler. Il varie aussi par
période sans raison apparente. Le bégaiement n'existe que dans le contexte de la
communication spontanée face aux autres (pas dans le chant ou le théatre, rarement dans
la lecture).
Pour comprendre les origines du bégaiement, il faut sortir
de l'idée de cause, généralement réputée inconnue, et envisager des facteurs : liés
à l'individu (facteurs neuro-psychologiques, troubles moteurs, personnalité
psycho-affective particulière), liés à l'environnement (familial, scolaire),
événements traumatisants (reconnus ou non reconnus, ne déclenchent un bégaiement qu'en
présence de facteurs favorisants).
Il n'existe pas aujourd'hui d'accord général sur la
génèse du bégaiement et aucune théorie n'est universellement admise. Certains
insistent sur le plan moteur, d'autres sur l'aspect comportemental ou psychologique.
diffusé par L'Association
Parole-Bégaiement
Dernière modification : jeudi 05 novembre 2003